Jeudi 9 octobre,  la fondation Nobel a attribué son célèbre prix de littérature à l’auteur hongrois László Krasznahorka. L’Académie de Stockholm salue « une œuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d’une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l’art ». Ses œuvres explorent généralement les thèmes de la dystopie et de la mélancolie.
C’est la seconde fois qu’un écrivain hongrois remporte le célèbre prix international, après Imre Kertesz, récipiendaire du prix en 2002.

Né en 1954 au Sud-Est de la Hongrie, László Krasznahorka a grandi dans une famille juive de classe moyenne. Après avoir étudié à la faculté de Budapest, il travaille dans l’édition tout en publiant des textes dans un journal dès 1977. Il est diplômé en littérature et en langue hongroise, une langue particulière parlée uniquement en Hongrie. Au cours des années 90, l’auteur écrit plusieurs recueils de nouvelles et certains de ses romans sont adaptés au cinéma.
Il s’est inspiré de ses nombreux voyages pour l’écriture de ses romans, notamment du Japon. Ses textes sont traduits en français au cours des années 2000.

Son premier roman, Satantango sort en 1985 mais ne sera traduit et édité en français qu’en 2000 par Gallimard sous le titre français Tango de Satan.
Ce roman nous transporte dans la grande plaine hongroise balayée par le vent et l’incessante pluie d’automne. Dans une ferme collective livrée à l’abandon, quelques habitants végètent, s’épiant et complotant les uns contre les autres, lorsqu’une rumeur annonce le retour de deux autres personnages que l’on croyait morts. Cette nouvelle bouleverse ces êtres en manque de perspective. Certains y voient l’arrivée d’un messie, d’autres redoutent celle de Satan.
Une histoire conçue comme un tango où les danseurs viendraient les uns après les autres sur la piste de danse, plongeant le lecteur dans un voyage poétique peuplé de solitude et de mélancolie. Un film du même nom fut réalisé ensuite par Béla Tarr.

Son deuxième roman traduit en français fut La mélancolie de la résistance (Gallimard, 2006) dans lequel on suit une dame bourgeoise d’un certain âge qui regagne sa petite ville du Sud-Est de la Hongrie après une visite chez ses sœurs. Elle est très vite paniquée par le désordre, l’hostilité de la foule et l’aspect surréaliste de sa ville. Une parabole sur les régimes militaires et une étude sur la confrontation des contraires.

Les éditions Cambourakis ont ensuite publié 7 traductions des œuvres de László Krasznahorka, traduits  par Joëlle Dufeuilly, comme Guerre et guerre (1999), Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par les chemins, à l’est par un cours d’eau (2003), Seiobo est descendu sur terre (2008), Le dernier loup (2009), Le baron Wenckheim est de retour (2016) et Petits travaux pour un palais (2018).

Son dernier roman est paru en Hongrie en 2024 sous le titre Zsömle odavan et n’a pas encore été traduit en français.

En 2015, Laszlo Krasznahorkai avait déjà obtenu le Prix International Man Booker. L’auteur hongrois partage aujourd’hui sa vie entre Vienne, Trieste et Budapest.