Le 16 avril dernier avait lieu deux évènements clôturant cette troisième édition du Prix européen du roman d’amour.
Les deux co-lauréats, l’auteur franco-algérien Mabrouck Rachedi et l’écrivaine irlandaise Louise Kennedy étaient invités à Strasbourg pour recevoir leur prix.

Dans un premier temps, en milieu d’après-midi, a eu lieu la cérémonie de remise du Prix européen du roman d’amour dans le petit salon de l’Hôtel de ville de Strasbourg. Seuls les partenaires institutionnels, les membres du jury, et les élus étaient conviés à cette cérémonie.
Après les discours d’accueil et de remerciement de Salem Drici, élu de la ville de Strasbourg en charge de la lecture publique,  puis de Denis Huber, Président de l’amicale du Conseil de l’Europe et de l’association Book1 et organisateur de ce prix, Mabrouck Rachedi s’est vu remettre son prix pour son roman Tous les mots qu’on ne s’est pas dits et a énoncé un chaleureux discours de remerciement. Puis ce fut au tour de Louise Kennedy de recevoir sa récompense pour son roman Troubles. C’est en anglais coloré d’un léger accent irlandais qu’elle a effectué son discours de remerciement.

de gauche à droite : Denis Huber, Mabrouck Rachedi, Louise Kennedy, Salem Drici

A l’issue de cette belle cérémonie, s’est déroulé un moment d’échange et de convivialité.

Les auteurs étaient ensuite conviés à la médiathèque André Malraux pour une rencontre avec le public.

Mabrouck Rachedi : une mémoire familiale fondée sur un amour profond

Mabrouck Rachédi était interviewé par la directrice de l’Alliance Française Strasbourg Europe qui avait choisit son roman, Tous les mots qu’on ne s’est pas dits, pour concourir lors de cette 3ème édition du prix. Il y retrace l’histoire de deux parents, algériens, qui construisent leur famille en France, après la guerre avec, en toile de fond, l’histoire d’un amour profond.
Après un court résumé du livre, l’écrivain a été interrogé sur son histoire familiale dont il s’est fortement inspirée pour ce livre. Mabrouck Rachédi a expliqué avoir eu le souhait de combler un vide sur la mémoire, l’écrivain ayant souvent une approche plus sensible. S’il se défend d’avoir écrit une autobiographie, de nombreux éléments de l’histoire sont toutefois tirés de son vécu. Il explique d’ailleurs avoir voulu semer le trouble chez le lecteur en mêlant fiction et réalité. Les échanges ont notamment portés sur ce qui fonde l’identité d’une personne et sur le poids des blessures de nos parents.
Au sujet de cette histoire familiale complexe et de l’histoire d’amour entre les parents dans le livre, il explique que l’amour est souvent sublimé mais qu’il a souhaité évoquer aussi les difficultés rencontrées dans une relation.

Son souhait principal reste de provoquer une émotion chez son lecteur ou lectrice, d’amener à une réflexion sur l’identité.
L’auteur qui écrit également des romans pour enfants et adolescents, explique qu’avant d’entamer l’écriture d’un livre, il ignore à quel public il va vraiment s’adresser, ne tenant pas vraiment compte des frontières parfois floues entre littérature pour jeunes et celle pour adultes.

Louise Kennedy : l’amour au-delà des barrières religieuses et sociales

Ce fut ensuite au tour de Louise Kennedy de parler de son livre. L’autrice irlandaise était interrogée par Mark Neville, membre de Book1, qui avait choisi son livre Troubles pour concourir au Prix. Les questions et réponses apportées par l’autrice en anglais étaient traduites en français par son interprète.
Pour rappel, l’écrivaine aborde dans son roman l’histoire d’amour impossible entre une jeune institutrice catholique de 25 ans et un avocat plus âgé, marié et protestant, dans le Belfast des années 1970, en pleine période des « troubles » entre catholiques et protestants.

Louise Kennedy explique avoir écrit ce roman alors qu’elle était très malade : on venait de lui diagnostiquer un cancer. Jusqu’à présent elle avait écrit uniquement des nouvelles, genre littéraire très prisé en Irlande. Elle n’avait pas conscience d’écrire sur les droits de l’Homme au moment de l’écriture de ce livre. Si le roman aborde en grande partie les différences de religion,  les différence de classe y sont également très présentes.
Interrogée sur son rapport à la religion, elle explique que celui-ci est complexe. La religion lui a apporté des repères étant enfant, notamment par rapport à la culture nord – irlandaise, mais elle a pris de la distance en grandissant suite aux différents scandales ayant éclatés au sein d’institutions religieuses en Irlande.

Son roman Troubles (Trespasses en anglais) a été adapté en série TV de 4 épisodes d’1h et sera prochainement diffusé au Royaume-Uni.
Quant aux autres projets en cours, Louise Kennedy annonce écrire actuellement un nouveau roman dont l’action se déroule cette fois dans l’Irlande du Sud durant les années 1980. Il s’agit de l’histoire de deux amis d’enfance que la vie séparent et qui se retrouvent dans les années 2000.

Après la rencontre lecteurs et lectrices ont encore pu échanger avec les auteurs lors d’une séance de dédicace organisée par la librairie de la Presqu’île.

Ainsi se termine cette 3ème édition du Prix européen du roman d’amour. Rendez-vous dès début 2026 pour le lancement de la prochaine édition !