Retour sur 2025 et ses meilleurs prêts de romans d’auteurs européens (hors France). Y aura-t-il des surprises cette année ? quels auront été les titres les plus empruntés ? Quelles auront été les tendances ? Pour le pôle Littératures européennes, sur 264 titres ayant réussi à être empruntés 10 fois ou plus en 2025 nous retrouvons 10 pays européens représentés par 19 auteurs et autrices de 27 romans.

Le trio gagnant : des valeurs sûres

Dans le top depuis plusieurs années, arrivent en tête à égalité (22 prêts en 2 exemplaires pour chacun) et par ordre alphabétique, 2 romans francophones parus en 2024, et une islandaise à l’écriture poétique et délicate.

Joël Dicker (Suisse) pour « Un animal sauvage » : 2 juillet 2022, deux malfaiteurs sont sur le point de dévaliser une grande bijouterie de Genève. Mais ce braquage est loin d’être un banal fait divers…Il faudra de nombreux allers-retours dans le passé, loin de Genève, pour remonter à l’origine de cette intrigue diabolique dont personne ne sortira indemne. Joël Dicker est le grand lauréat de ce classement avec également en tête « Le tigre« , « La disparition de Stephanie Mailer » et « L’affaire Alaska Sanders« .

« L’impossible retour«  d’Amélie Nothomb (Belgique) : nous avons eu la joie d’accueillir l’autrice à l’automne pour une mémorable rencontre-dédicace. Dans cet ouvrage, elle décrit un retour au Japon pour un périple d’une dizaine de jours, un véritable voyage intime dans un pays où elle n’était plus allée depuis 2012. « Le livre des sœurs » est également dans le classement.

Enfin nous ne pouvons que vous conseiller la lecture de « Miss Islande » d’Audur Ava Olafsdottir (Islande). Paru en 2018 en Islande il est traduit en français en 2019 aux éditions Zulma, et reçoit la même année le prix Médicis étranger. « Miss Islande » est un magnifique éloge de la liberté, de la création et de l’accomplissement.

Le succès du ‘’roman féminin‘’ – ou des séries ?

Globalement avec 14 autrices et 5 auteurs, la littérature écrite par des femmes est sur-représentée dans le classement. Utiliser l’expression « roman féminin » est-il pertinent, avec les différents sens qu’elle porte ? L’expression peut être péjorative quand elle vise les histoires d’amour stéréotypées, récits de résilience ou quêtes d’accomplissement, alors que ces romans tendent de plus en plus à mettre en lumière des personnages féminins forts, authentiques et humains. Genrer la littérature peut néanmoins interroger sur les hiérarchisations qui sont à l’œuvre. L’expression s’élargit aux œuvres féminines et féministes, quels qu’en soient les auteurs, qui amènent le lecteur à réfléchir sur la condition féminine au fil des époques et qui mettent les femmes au centre de leurs écrits avec des personnages forts.

A noter que ce qui rassemble souvent les titres suivants, c’est aussi la parution en séries. La littérature anglophone est la plus représentée dans le classement, avec 8 romans (total 81 prêts) de 6 autrices britanniques, et pour commencer 3 de l’indétrônable autrice irlandaise Lucinda Riley : « La promesse cachée » et « Le secret d’Helena » ainsi que le tome 2 des « Sept soeurs », « La sœur de la tempête« .

Jenny Colgan pour « La charmante librairie » (3 titres en tête) qui invite les lectrices (principalement) dans un univers chaleureux et réconfortant, centré autour du thème de la renaissance personnelle grâce à la magie des livres et des petites communautés. Julia Chapman avec le 4ème épisode des « Chroniques de Fogas« , qui suit un village (pyrénéen) attachant entre querelles municipales, romances et fêtes locales, mêlant humour, chaleur humaine et saveurs locales. Rosie Clarke, autrice de romances historiques, poursuit la série « Les demoiselles d’Oxford Street« . Enfin la saga de Santa Montefiore « Filles d’Irlande » entre au classement présentée ainsi par l’éditeur : Irlande, au début du XXe siècle. Trois amies près de devenir des femmes. Une nation près de se déchirer.

On pourra ajouter à cette rubrique « La ritournelle des rêves » de Katarina Widholm (Suède), 3è tome de la saga « Destinée suédoise ». Véritable phénomène en Suède, le parcours de la jeune femme courageuse et attachante qui a commencé dans les années précèdant la Seconde Guerre mondiale à Stockholm se poursuit. Ainsi qu’Anne Jacobs (Allemagne) propulsée avec « La villa aux étoffes » au rang d’autrice best-seller, aussi bien en Allemagne qu’à l’international. « Les années fatidiques«  est le 2ème volume de la nouvelle saga familiale et cosy « Café Engel » qui se tient à Wiesbaden à partir des années 1950.

Descendons en Italie ! Cristina Caboni, autrice et apicultrice en Sardaigne inscrit « La Souffleuse du temps«  dans la lignée des précédents, indépendants les uns des autres. Richement documenté, il nous plonge cette fois dans l’univers des souffleurs de verre et brosse le portrait de deux femmes fortes et farouchement libres. « La petite pharmacie littéraire » de Elena Molini, premier d’une série, s’inscrit dans une veine bibliothérapeutique.

Littératures italienne et irlandaise : passé, présent, futur

Il faut dire que les éditeurs français traduisent bien les littératures italienne et irlandaise et que et que nous les avons bien mises en valeur dans nos ateliers littéraires. La relation à son pays d’origine est forte pour ces destins de femmes.

Originaire des Abruzzes, Donatella Di Pietrantonio est l’une des plus grandes romancières italiennes contemporaines. « L’Âge fragile » a été récompensé par le prix Strega et le prix Strega Giovani. Lucia n’a jamais quitté son village des Abruzzes. Pourtant, trente ans plus tôt, elle y a été témoin d’un crime terrible. Aujourd’hui, sa fille Amanda, partie étudier à Milan, est de retour auprès d’elle. Entre passé et présent, le roman de Donatella Di Pietrantonio explore la fragilité des relations familiales et le lien puissant avec cette terre des Abruzzes où se mêlent la beauté et la sauvagerie de la nature.

L’irlandais Colm Tóibín est l’auteur d’une dizaine de romans.  « Long Island » est un grand roman d’amour qui offre des retrouvailles bouleversantes avec Eilis Lacey, l’héroïne du livre culte « Brooklyn » qui l’a fait connaitre. Le rêve américain bascule lorsqu’un inconnu frappe à sa porte et qu’elle apprend la trahison de son mari. Sans promesse de retour, elle part chez sa mère en Irlande, à Enniscorthy. Le magnifique portrait d’une femme tiraillée entre deux hommes et deux continents.

Paul Lynch vit à Dublin. « Le Chant du prophète » a été récompensé par le Booker Prize 2023. Ce roman dystopique raconte l’histoire de la famille Stack, dont Eilish Stack, mère de quatre enfants, tente de sauver sa famille alors que la république d’Irlande sombre dans le totalitarisme. Le récit est raconté de manière non conventionnelle et a été inspiré par la guerre civile syrienne et l’indifférence de l’Occident face au sort des réfugiés. Un roman d’une grande actualité.

Et 3 classiques indémodables, à lire et à relire !

« Les Nuits blanches: roman sentimental (souvenir d’un rêveur)«  est une longue nouvelle de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski, publiée en 1848. L’histoire est racontée par un narrateur anonyme, un jeune homme qui vit à Saint-Pétersbourg et souffre de solitude. Il rencontre une jeune femme et en tombe amoureux ; malgré les apparences, cet amour ne sera pas vraiment partagé.

Inspiré par le roman gothique et immortalisé au cinéma par Alfred Hitchcock, le chef-d’œuvre de Daphné du Maurier (Royaume-Uni), « Rebecca« , fascine depuis sa parution en 1938. Rebecca, la femme de Maxim de Winter, est morte noyée dans des circonstances étranges. Ce dernier se remarie avec une jeune femme timide et inexpérimentée, angoissée par l’influence que Rebecca semble encore exercer sur le personnel de Manderley, une belle demeure de l’ouest de l’Angleterre, et sur son époux.

« Gioconda » de Níkos Kokántzis (Grèce) est l’histoire poignate d’amours adolescentes. Nikos découvre l’amour avec Gioconda en 1943. Juive, celle-ci sera déportée à Auschwitz et n’en reviendra pas. En 1975, Kokàntzis décide de raconter leur histoire, afin que Gioconda revive à travers ses mots.

Nous vous souhaitons une belle année de lectures.